Il m’aura fallu plusieurs écoutes pour vraiment m’approprier ce nouvel album d’Accordo Dei Contrari. J’ai tellement écouté Kublai, leur précédent opus, que ses morceaux sont comme imprimés dans mon cerveau. Lors de mes deux premières écoutes d’AdC la musique m’a donc paru vraiment différente, moins “exhubérante”. Peut-être est-ce l’orgue hammond qui est maintenant plus en retrait, moins appuyé ? Pourtant en écoutant “Nadir” et “Dandelion” juste après avoir joué Kublai dans son intégralité, on reconnait la signature électrique du groupe, ses compositions aux structures complexes mais aux thèmes si directes, ses jeux de rythme… Ici chaque morceau met en avant son propre thème en le réinventant, en l’interprêtant différemment. Accordo Dei Contrari enrichit sa musique en y intégrant de nouveaux éléments. “Seth Zeugma” et son introduction magnifique mêlant piano, violon et violoncelle ne manquera pas de vous rappeler le rock de chambre d’Aranis. Ce style est encore présent dans le morceau suivant “Dua” avec son thème initial pour batterie et piano, instruments auxquels viennent se joindre ensuite guitare et basse. Les archets sont de nouveau à l’honneur dans “Piu’ Limpida e Chiara di Ogni Impressione Vissuta, part II” où violon alto, violoncelle, piano et guitare nous offrent une très belle composition finale qui dénote par sa douceur. À l’écoute du vinyle j’ai été très agréablement surpris par le son et la dynamique qui est particulièrement importante pour ce style de musique. Daniele Piccinini, le bassiste du groupe, m’a d’ailleurs confirmé qu’ils ont beaucoup travaillé ces deux points.

En bref Accordio Dei Contrari, c’est toujours cette fusion électrique entre jazz-rock et rock progressif. S’ils avaient mis la barre bien haut avec Kublai, avec AdC leur musique gagne encore en qualité et en subtilité. En plein dans le mille !