J’ai découvert Mörglbl en 1998. A cette époque là Hermit et Hands de Ron Thal/Bumblefoot tournaient en boucle dans ma platine. Deux guitaristes virtuoses, un style fusion/hard-rock pour Bumblefoot et jazz-fusion/jazz-rock pour Mörglbl. Originaux, bourrés d’humour et musicalement renversants, les deux premiers albums du groupe de Christophe Godin me comblèrent de plaisir. Contrairement à Bumblefoot que j’ai vu sept fois en concert, je n’avais jamais vu le trio live. Par contre j’avais pu voir Métal Kartoon en 2006… Depuis la réformation de Mörglbl en 2007 le groupe est passé plusieurs fois au Triton, je me suis donc laissé tenter cette fois-ci !

La configuration de la salle est la même que pour Guillaume Perret. Comme pour ce dernier la chaleur est étouffante. On pourrait même rebaptiser la salle le Triton de la fournaise. Le match de la France et les grèves dans les transports ont eu raison des rangs du fond qui sont quelque peu clairsemés. Le premier rang est occupé par un noyau dur de fans qui mettent l’ambiance et descendent les bouteilles de vin presque aussi vite que Christophe enchaîne les notes à la guitare ! Pour ma part je suis placé au troisième rang, les deux premiers étant réservés.

Le concert commence à 21h15. Pour les présentation, c’est Christophe à la guitare électrique, Aurel à la batterie et Yvan Rougny à la basse. Ils annoncent qu’ils vont essentiellement jouer des morceaux jamais joués live, des nouveaux morceaux destinés au prochain album mais aussi des morceaux qu’ils n’ont pas joué depuis longtemps… Ils commencent doucement avec deux morceaux de mise en jambe. Ensuite ils envoient la sauce ! L’avantage d’une petite salle comme le Triton est que les musiciens sont tout près et que le son est génial. Excellente vision du jeu des trois compères. Christophe enchaînent riffs et soli d’une façon déconcertante avec facilité et précision. C’est aussi impressionnant que beau à écouter et regarder. Pour autant ce n’est pas de la démonstration technique car il ne se la raconte pas – c’est même le contraire il fait le guignol et multiplie les grimaces – puis son jeu s’inscrit parfaitement dans les morceaux. Yvan est tout aussi remarquable à la basse. Avec ses lignes de basse funky il me fait penser à Les Claypool ou à Victor Wooten. La meilleur surprise est sans doute Aurel que je n’avais jamais vu jouer: un tueur. Son jeu de batterie est hallucinant ! Il est partout et manie les baguettes avec grande aisance. Il possède la précision et la versatilité d’un batteur de jazz ainsi que la puissance d’un batteur de métal. Je suis littéralement bluffé ! Bravo. Comme je le disais plus haut, un super son, très clair et un excellent équilibre entre les trois instruments. Avec des bouchons d’oreille c’était tout simplement parfait, sans saturations. Le premier set s’arrête vers 22h45.

Après vingt minutes de pause bien méritées nos trois joyeux lurons remontent sur scène pour un second set. C’est reparti et je prends toujours mon pied. Christophe est bien fait ; il a partagé la bouteille de vin du premier rang ! Mais ça ne l’empêche pas de jouer et de nous en mettre plein les oreilles. À minuit et demi après ce qui était censé être le dernier morceau, je me déplace au fond de la salle mais ils remettent ça avec une reprise de “Smoke on the water” ! Une fois le morceau fini, il est 00h40 ; il faut se dépêcher d’aller prendre le métro.

Excellent concert et ils ont été très généreux avec trois heures de concert. Le Triton, c’est une seconde maison pour eux, ils étaient à l’aise et en terrain conquis. Tout le monde en a profité !