(A l’Est - partie 3)

Sept chansons en français, cinq en anglais et une instrumentale, Manuel Étienne n’a pas choisi la facilité en cédant au tout en anglais et quand on voit la qualité des textes en français, on ne peut être qu’admiratif. Si Vaudémont se limitait à ses textes, je pourrais m’arrêter là et il serait classé variété française.

Mais ce n’est pas le cas ; l’album offre bien plus. C’est assez rare de trouver un album en français avec une musique et des compositions à la hauteur. Vaudémont fait partie de ces exceptions. J’ai été frappé par son énergie, par la qualité de sa musique, de ses mélodies, de ses arrangements, de ses riffs, de ses choeurs… Les deux premières chansons, “Invisible” et “Acteur de complément” donnent tout de suite le ton. Ca fourmille de petits détails et l’ensemble fait preuve d’un équilibre parfait. Les morceaux s’enchaînent et le niveau ne baisse jamais en français comme en anglais. Si l’influence de Bashung plane tout au long de l’album, c’est sans doute sur la chanson “De station en station” qu’elle est la plus présente. Et quand arrivé au milieu, vous pensez qu’il n’a plus de surprise en réserve, survient “Vaudémont” une instrumentale de toute beauté qui aurait pu avoir sa place dans l’album Ekko de The Real Ones.

Vaudémont fait partie de ses albums qui ne cessent de vous surprendre même au sein d’une même chanson ; écoute après écoute la lassitude ne guète jamais. Écoutez-moi “Amour, gloire et beauté” qui vient conclure l’album de façon magistrale avec sa fin en apothéose mêlant guitare, batterie et trombone. Et pourtant, une autre de ses forces est sa capacité à rester direct et simple tel une belle mélodie. Brillant.